Si vous êtes encore dans les parages en cette fin d'année universitaire et que vous n'avez pas encore retrouvé vos parents dans des contrées lointaines, vous pouvez aller visiter la double exposition de Vik Muniz et Lawrence Weiner à la Collection Lambert. Ces deux artistes ont des pratiques très différentes mais rien ne les empêche de partager les couloirs de la Collection Lambert.
« Sigmund » (Pictures of Chocolate), 1997, c-print, 150 x 120 cm.Vik Muniz - Le musée imaginaire
Vik Muniz, né en 1961 à Sao Paulo au Brésil, est un artiste contemporain brésilien issu d'une famille défavorisée. Il décroche tout de même une bourse pourétudier les Beaux-Arts aux cours du soir. Un jour, grâce à un coup de chance - si l'on peut dire - il prend une balle perdue dans la jambe et pour éviter la prison, le tireur lui propose une somme d'argent qui va permettre à l'artiste de partir aux Etats-Unis.
Au premier étage vous pourrez découvrir une centaine d'oeuvres monographiques qui retracent les différents materiaux que Vik Muniz a utilisé pour réaliser ses créations. Il utilisera cependant toujours la même technique : utiliser un matériau pour recréer une image. Ainsi, on peut découvrir La Création d'Adam de Michel Ange réalisée uniquement avec des déchets(des chaînes de vélo, une remorque, des joints...), des visages d'enfants révélés par des grains de sucre ou encore une diva avec des milliers de diamants.
La plupart de ces créations sont réalisées dans le seul but d'être photographiées. C'est au moment de la prise du cliché que l'oeuvre se révèle par un angle de prise de vue très précis. On se rend compte de cela lorsque l'on se rend à l'Église des Célestins, place des Corps-Saints, car on peut découvrir une reproduction de Le Semeur de Van Gogh (elle-même copiée de Millet) réalisée avec de la lavande et des feuilles mortes. Du coup nous pouvons faire nous-mêmes l'expérience et se rendre compte que l'oeuvre réelle est assez difforme et qu'il suffit de prendre une photographie avec son téléphone pour révéler l'image. D'une certaine façon, au cours de cette exposition, nous avons réinventé le développement photographique en numérique.